En 15 ans, la part des DSI qui quittent leur poste en moins de 2 ans a plus que doublé — de ~16 % (prises de poste 2008) à ~37 % (2020-2021). Environ 1 DSI sur 2 nommé depuis 2019 part avant 3 ans, pour une durée de vie médiane d'environ 3,8 ans. Le poste s'est élargi (transformation, cyber, IA) mais l'état de grâce a fondu — et la capacité reste un angle mort.
01 La durée de vie
Combien de temps « vit » un DSI ?
La durée de vie médiane d'un mandat de DSI ressort à ~3,8 ans (analyse de survie de Kaplan-Meier, qui tient compte des mandats encore en cours) — cohérent avec l'estimation de Korn Ferry (4,3 ans). Mais la moyenne masque l'essentiel : 38 % des mandats achevés ont duré moins de 2 ans, et seuls ~5 % dépassent 10 ans.
02 L'accélération
Les départs précoces ont doublé
Le début de mandat est devenu bien plus fragile. En suivant, cohorte par cohorte, la part des DSI qui quittent leur poste en moins de 24 mois, la tendance est sans appel : d'environ 16 % pour les prises de poste de 2008 à ~37 % pour celles de 2020-2021.
Source — Observatoire du DSI · analyse par cohorte, robuste à la censure statistique.
≈ 1/2DSI nommé depuis 2019 quitte son poste en moins de 3 ans — contre environ 1 sur 4 pour les prises de poste de 2008.
03 Le COMEX
Le DSI face au reste du comité de direction
Le DSI n'est ni le plus stable ni le plus fragile du COMEX — mais c'est celui dont l'espérance de vie se dégrade le plus vite. Le DG s'accroche ; le DAF tourne encore plus vite.
Analyse de survie (Kaplan-Meier), France.
04 La taille
Plus l'entreprise est grande, plus le DSI part vite
La longévité du DSI décroît avec la taille de l'organisation : la durée de vie médiane passe de 4,7 ans en PME à 3,2 ans dans les grands groupes (5000+), où près d'un tiers partent en moins de 2 ans.
Effectif via jointure aux données d'entreprise.
05 Le secteur
Là où le DSI tient — et là où il s'use
Le secteur public retient ses DSI (~4,9 ans de médiane), loin devant le privé. À l'inverse, l'IT, le retail et les télécoms les usent le plus vite (~3,1-3,3 ans) ; banque, finance et assurance tournent autour de 3,6-4,0 ans.
Secteur via jointure aux données d'entreprise.
06 L'après-DSI
Un carrousel, rarement un tremplin
Que deviennent les DSI qui quittent leur poste ? Près de la moitié redeviennent DSI ailleurs — la fonction tourne en circuit fermé. À peine un sur dix accède à un autre poste de direction (direction générale, autre fonction C-level). Pour les autres, le mandat s'achève souvent hors de la trajectoire dirigeante.
Part des mouvements depuis un poste de DSI, par type de destination identifiée.
07 Portrait-robot
50 ans, et de plus en plus « CIO »
Le DSI type a la cinquantaine. Et si le poste reste majoritairement désigné « DSI », près de 4 sur 10 en poste ont adopté le titre anglais de « CIO ». En revanche, malgré le battage autour du Chief Digital / Technology Officer, le CDO et le CTO restent marginaux (~2 %) : la fonction s'anglicise, mais ne se fragmente pas.
50 ansâge médian d'un DSI en poste — et une marge de plus en plus étroite : ce sont les premiers trimestres qui décident du mandat.
Répartition des intitulés parmi les DSI actuellement en poste.
08 Le métier
De quoi parlent les DSI — et leur angle mort
Nous avons analysé les thèmes présents dans ~10 000 descriptions de poste de DSI. Le portrait de la fonction — et une absence qui saute aux yeux :
Part des descriptions de poste mentionnant le thème (n ≈ 10 000, analyse FR + EN).
L'angle mort. Les DSI parlent de budget (30 %), de cloud, de cyber… mais quasiment jamais de capacité (3,7 %). Or c'est la capacité — ce qu'on peut réellement livrer avec les ressources disponibles — qui détermine si la stratégie atterrit. Seuls 12 % évoquent le cœur « capacité / arbitrage / portefeuille ».
09 Ce que ça veut dire
La fin de l'état de grâce
Mises bout à bout, les données racontent une histoire cohérente. Le DSI d'aujourd'hui hérite d'un périmètre plus large et plus exposé (transformation, cyber, IA), tout en disposant de moins de temps pour faire ses preuves. Et un mandat perdu en moins de deux ans ne se joue pas au bout de deux ans : il se décide dès les premiers trimestres.
Or on ne démontre pas sa valeur au COMEX avec un reporting annuel et des projets qui s'étalent. Il faut une cadence courte, lisible et tenue dès le départ : montrer, trimestre après trimestre, ce qu'on s'est engagé à livrer, ce qu'on a livré, et ce qu'on a délibérément écarté.
10 Le chaînon manquant
Une cadence d'exécution trimestrielle
C'est exactement ce qu'installe le Quarter Plan : une gouvernance d'exécution trimestrielle où l'on arbitre par la capacité réelle (le fameux angle mort), où l'on s'engage sur une liste fermée sur 90 jours, et où l'on rend des comptes au COMEX à un rythme qu'il comprend. Pour le DSI, c'est le moyen de montrer des livraisons tangibles dès le premier trimestre — au moment où, précisément, son mandat se joue.
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